Quelles sont les étapes de fabrication d’un tissu sur métier à tisser manuel ?

metier a tisser
Sommaire

La réalisation d’un tissu à partir d’une simple bobine de fil peut sembler très abstraite pour les personnes non-initiées à la technique du tissage. C’est pourquoi, au travers de cet article, je souhaite partager et raconter le plus simplement possible toutes les étapes préparatoires nécessaires à la création d’un textile fait-main. 

Ce que l’on nomme la chaîne en tissage, c’est le fil qui est positionné verticalement sur le métier à tisser, et qui sert également à déterminer le sens du tissu. 

Avant de tisser, il est donc nécessaire de déterminer la largeur de tissage souhaitée, sa longueur, et la densité du textile que l’on va réaliser (est-ce que le tissu sera transparent, léger, aéré ? ou épais et opaque ?). 

Une fois ces données déterminées, la préparation des fils commence par l’ourdissage

Etape 1 : l’ourdissage

L’outil qui permet de réaliser cette première étape n’est autre que l’ourdissoir, qui se présente notamment sous la forme d’un cadre en bois sur lequel sont fixées des poignées / chevilles à intervalles réguliers. 

Le ou les fils choisis vont donc être dévidés un à un et tendus sur ce cadre, afin de s’assurer qu’ils aient tous la même longueur, et chacun de ces fils aura une place bien précise. Cette étape peut prendre plusieurs heures selon la densité (nombre de fils par centimètre de tissage), la largeur et la longueur choisie pour la pièce. 

Une fois l’ourdissage terminé, il faut enrouler la chaîne à l’arrière du métier à tisser, sur un rouleau que l’on appelle « ensouple ». 

Etape 2 : l’enfilage

S’ensuit la fastidieuse étape de l’enfilage, ou remettage, qui désigne le travail des fils de chaîne et qui détermine l’armure d’une étoffe, c’est-à-dire sa structure et la manière dont les fils vont s’entrecroiser. 

Les métiers à tisser sont toujours équipés de cadres dont le nombre varie (minimum 2, jusqu’à 24). Chaque cadre est lui-même équipé de lisses, qui jouent le rôle de guide pour le fil. 

L’enfilage va donc consister à glisser chaque fil de chaîne à l’aide d’un crochet, un par un et selon un ordre très précis dans les lisses, réparties sur les différents cadres. Cette étape requiert une grande concentration, car toute erreur peut modifier considérablement le motif ou l’effet de texture souhaité dans le tissage. 

Etape 3 : l’empeignage

L’empeignage, ou le piquage en peigne est le travail qui succède à l’enfilage. 

Un peigne de tissage a une multiple utilité : il sert à répartir les fils dans la largeur du tissu, il détermine l’espacement entre chaque fil de chaîne (densité), il tasse la trame après chaque passage de la navette, et il sert de guide à la navette pendant sa trajectoire entre les fils. 

L’empeignage consiste donc à passer chaque fil entre les dents du peigne à l’aide du même crochet utilisé pour l’enfilage, et selon un ordre spécifique. 

Il ne reste plus qu’à nouer les fils à l’avant du métier à tisser, sur une « tringle » métallique. 

Le tissage peut enfin commencer ! 

L’ensemble de ce processus de préparation des fils peut prendre jusqu’à plusieurs jours de travail, et requièrent minutie, concentration, et.. beaucoup de patience ! A chaque étape de la création d’un tissu, la maîtrise de la technique est essentielle à la réalisation d’un produit fini parfait, et il est indispensable d’y prêter une très grande attention. 

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